S'informer, mais à quel prix? Des pratiques informationnelles à la cyberviolence

Cette recherche postdoctorale est financée par les Fonds de recherche – Science et Culture à partir de janvier 2022 sous la supervision de la professeure Carrie Rentschler au Département d’histoire de l’art et des études en communication à l’Université McGill. 

Elle a pour but d’étudier le rôle que joue la cyberviolence dans les pratiques informationnelles en ligne de femmes racisées au Québec, l’expression « Femmes racisées » faisant ici référence à l’ensemble des femmes qui n’appartiennent pas à la majorité des « blanches ». Tel est le cas des femmes de descendance afro-américaine, des femmes arabes, des femmes autochtones ou encore des femmes asiatiques. Plus précisément, ma recherche s’adresse à des femmes racisées issues de milieux défavorisés qui se déclarent non politisées.

Au Québec, les connaissances sont rares sur leurs pratiques informationnelles et leurs usages de l’Internet outre le fait qu’elles sont susceptibles d’être victimes de multiples discriminations en ligne, que ce soit à propos de leur couleur de peau, leur sexe, leur origine ethnoculturelle, leurs moyens financiers ou leur statut dans la province. Dans les médias, on les associe – souvent à tort – à de mauvaises conditions de vie, à un manque d’éducation et donc à de faibles niveaux de littératie numérique. Pourtant, plusieurs recherches états-uniennes et canadiennes anglophones montrent que les femmes racisées développent des stratégies créatives pour échanger et s’informer en ligne tout en s’assurant de créer des environnements sécuritaires pour elles.  

Dans la majorité des cas, ces recherches portent leur attention sur les mouvements de lutte pour les droits humains comme #BlackLiveMatters ou #WhereIsMyName. Les contextes moins « politisées » de la vie quotidienne retiennent rarement l’attention de la communauté de recherche. Pourtant, le recours au réseau Internet est devenu indispensable dans la majorité des sphères de notre vie. Encore plus à l’heure actuelle alors que la pandémie COVID-19 renforce le rôle du numérique dans nos sociétés, y compris les pratiques informationnelles. S’informer de l’actualité au quotidien fournit une base pour participer à la vie démocratique. Il devient dès lors très pertinent de travailler sur la violence en ligne (ou cyberviolence) dans ce contexte. Je me suis fixée pour principaux objectifs d’identifier à quels types de cyberviolence les femmes racisées du Québec font face quand elles s’informent en ligne et de répertorier leurs stratégies et tactiques pour y faire face.

L’objectif final de la recherche est de construire des réponses concrètes de lutte contre la cyberviolence et les inégalités numériques avec les personnes concernées. Cette dernière étape de la recherche se traduira par l’organisation d’une exposition virtuelle favorisant l’échange de connaissances en collaboration avec des artistes, groupes communautaires et activistes de défenses des droits humains.

 

Shopping Basket